Il n’y a pas d’âge pour être jeune

Il suffit de multiplier par sept l’âge de votre chien pour avoir un aperçu de son équivalent en âge humain.
Ce paramètre est utile mais reste très approximatif. Nous avons connu des chiens qui ont vécu jusqu’à 20 ans mais aucun être humain décédé après 140 ans !
Ceci dit, l’affirmation suivante semble admissible : A compter de 8 ans, notre compagnon à quatre pattes bascule dans le dernier tiers de son existence.

1/ Un mot complémentaire sur l’espérance de vie.

Bien que paradoxal, il est un fait que les chiens de grandes races nous quittent plus tôt que les chiens de petites races.
Etonnant si on compare cette réalité à ce qui est observé, ailleurs, dans le règne animal qui voit vivre l’éléphant trente cinq fois plus longtemps que la souris.
Nos meilleurs amis ne respectent pas cette hiérarchie. Le Bouvier Bernois ne peut espérer nous faire profiter de ses cinquante kilos que 7 à 8 ans, quand son congénère Chihuahua, vingt cinq fois moins lourd que lui mais qui lui mordillait les pattes quand il était chiot, pourra continuer d’agacer sa descendance jusqu’à la troisième génération.
Difficile, néanmoins, d’énoncer des raisons absolues à cette inégalité de destin.
Certains pensent que la reproduction des grands chiens est plus fréquemment encadrée par l’homme et que le risque de consanguinité est plus aigu.
D’autres imaginent que les conditions de vie des petits chiens, mieux protégés par nature, les rend plus résistants sur la durée.
D’aucuns, enfin, cherchant des raisons physiologiques, ont noté que le rythme de croissance (exprimé en gain de poids quotidien) évidemment plus élevé chez les grands chiens générait un taux surnuméraire de radicaux libres responsables d’une accélération du vieillissement cellulaire.
La vérité, ici et comme souvent, est le résultat d’une combinaison des différents arguments.
Ceci étant, il semble possible de s’accorder sur le fait qu’à l’âge de 6 à 8 ans, selon sa race, notre chien aborde une phase de sa vie (ultime) au cours de laquelle le temps qui passe érode ses capacités organiques.

2/ Les évolutions physiologiques côté « Chien ».

Les premiers signes du vieillissement sont observés au niveau de l’appareil locomoteur. Votre chien se lève de son panier avec difficulté et/ou en geignant. Il souffre, vraisemblablement d’arthrose qui est une affection dégénérative chronique des articulations.
Elle touche de façon privilégiée le bassin et le genou et se manifeste par une raideur et une douleur froide.
En raison de leur poids et, quelque fois, d’un déterminisme génétique (dysplasie), elle se manifeste de façon plus spectaculaire chez les chiens de moyenne ou grande taille.
Les défauts de vision, occasionnés par la cataracte surviennent fréquemment chez l’animal âgé.
Cette dernière se manifeste par la perte de transparence du cristallin qui provoque la diminution progressive des visions proche et lointaine et aboutit à la formation d’un voile blanc sur l’œil.
Il est à noter que, bien qu’ils se cognent, dans la pénombre, aux meubles ou aux troncs d’arbres, beaucoup de chiens supportent assez bien cette dégénérescence inéluctable en la compensant grâce à leur ouïe et à leur odorat.

Photo Labrador

Programmé pour éliminer les toxines de l’organisme, le rein peut se fatiguer avec l’âge et peiner à se régénérer. Cela peut conduire à une dégradation lente de la qualité du sang.

Les symptômes de l’insuffisance rénale sont : Un abattement général, des vomissements, des diarrhées, une haleine « d’urée », des douleurs au moment de la miction et un volume d’urine restreint.
Il est vrai que la partie du ou des reins qui est détruite l’est de façon irréversible. Toutefois, le traitement est possible et les chiens peuvent vivre des années avec un traitement approprié, qui dépend de la gravité de l’affection.

3/ Les adaptations souhaitables côté « Maître ».

La première caractéristique du maître c’est de bien connaître son animal.
Son premier devoir est de repérer quand son chien souffre et d’estimer si cette douleur est passagère, explicable, susceptible d’être soulagée ou sujette à s’aggraver, nécessitant alors la consultation d’un praticien.
La détection de la douleur est peu difficile quand les animaux la manifestent en se plaignant mais nombreux sont ceux qui restent silencieux.
La reconnaissance de la souffrance peut procéder :

  • De changements d’attitude : Regard triste ou hagard, position inhabituelle, boiterie, prostration ou, au contraire, agitation désordonnée.
  • De changements de comportement : Moins de sociabilité avec les congénères, plus d’agressivité, perte significative d’appétit…

Face à ces symptômes, l’amour que vous témoignez à votre compagnon vous orientera vers la bonne décision.

Ne pas négliger, par ailleurs, l’effet psychologique du vieillissement.
Profiter de toutes les occasions possibles pour proposer un exercice physique à son chien est salutaire pour ses articulations, sa respiration et sa physiologie sanguine. Mais c’est aussi très bon pour le moral !
Et nous avons tous expérimenté que la déprime d’un animal de compagnie était de nature à provoquer une accélération vertigineuse des échéances dramatiques…

Une autre adaptation concernera le régime alimentaire.
Le chien qui se dépense moins nécessite une moindre concentration énergétique dans sa ration mais garde un besoin élevé en protéine de qualité. Pensez à ses reins…
Le « sur-embonpoint » du chien âgé est un facteur sévèrement aggravant des effets inéluctables du temps.
La qualité de l’aliment devra donc être ajustée en conséquence dans sa composition et aussi, peut-être dans sa présentation (dans le cas où des troubles de la mastication étaient mis en évidence suite à une dégradation de la dentition).

Pour ce qui est du traitement des affections constatées, enfin, les solutions prodiguées viseront prioritairement à soulager la douleur et, dans la mesure du possible à retarder les effets du temps.
L’utilisation de complexes phytothérapiques pourvoyeurs de substances actives retardant la dégénérescence du cartilage, ou aux vertus antioxydantes ou contribuant à l’optimisation du fonctionnement rénal, tout en gardant des propriétés antalgiques, pourra se révéler d’une aide précieuse, d’autant plus qu’elle n’induit aucun effet secondaire indésirable.

En conclusion, à retenir :

La bataille contre le temps est forcément perdue d’avance. Il nous revient, cependant, d’en faire une drôle de guerre plutôt qu’une guerre éclair.
Tout changement d’attitude et/ou de comportement de notre compagnon est un signal qu’il convient de comprendre et, le cas échéant, de faire suivre de soins particuliers.

A ce titre, l’œil du maître est incomparable pour repérer toutes les séquences de la vie du chien.
Le chien âgé, à l’instar de tout être vivant, est susceptible de connaître des défaillances organiques diverses.
Des solutions phytothérapiques existent pour soulager le poids des ans. Mais le bon moral du chien reste le meilleur garant de sa longévité.

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