La puce à l’oreille

Notre chien se met à se gratter vigoureusement. Et c’est la troisième fois depuis une heure.
Au secours ! Au secours ! Il a des puces !
Mais sommes-nous bien sûrs qu’il s’agit de puces ou d’autres parasites exogènes. ? N’y a-t-il pas autre chose qui le démange… ?


Les maîtres qui trouvent leur compagnon en train de se décaper le poil et la peau à coup de griffes ont parfois envie de le gronder tant ils imaginent la gêne qu’il s’inflige. Ils doivent néanmoins se convaincre que ce comportement, quand il devient excessif, n’est pas anodin et qu’il convient d’en identifier les causes avant d’en venir à bout.

1/ Les effets directs de la piraterie

La plus immédiate, celle évoquée en propos liminaire : L’invasion d’insectes ou d’acariens pique-assiettes.
Les poux et les puces sont, en général, bien détectables à l’œil nu, par leur présence elle-même ou par celle de leurs déjections à la source du pelage. C’est plus compliqué quand il s’agit des acariens et notamment les aoûtats en saison chaude. Leur apparition peut être suspectée lorsque le chien s’obstine à frotter sa région lombaire et, particulièrement, la base de sa queue.
Le traitement, dans le cas d’espèce, est relativement simple : Le vétérinaire ou le pharmacien conseilleront le médicament à appliquer en interne ou en externe pour éliminer la source du trouble.
Mais deux groupes de remarques à ce niveau :
– Si vous trouvez une puce sur votre chien, sachez qu’il en porte au moins cent et que son environnement immédiat en abrite mille.
Et s’il cohabite avec un ou des chat(s), il est essentiel de le ou les traiter également, les insectes s’intéressant, également, avec appétit à nos petits félins.
Par ailleurs, une grande opération de « purification » des paniers et tapis, dans la maison, sera requise, sous peine de récidive rapide.
Enfin, il conviendra de prévoir un rappel de traitement périodique (tous les mois ?), les promenades champêtres constituant autant de bonnes occasions de ré-infestation.

– En cette matière comme en énormément d’autres, la prévention est plus efficace et plus confortable pour chien et maître que la curation.
Des produits d’alimentation ou de cosmétique peuvent constituer des armes de dissuasion massive contre tout flibustier mal intentionné.
La carte du naturel (phytothérapie, aromathérapie, oléothérapie…) peut être choisie pour mener à bien cette lutte.
Dans la gamme, les compléments nutritionnels favoriseront le statut sanitaire de l’animal, de son poil et de sa peau et modifieront son odeur corporelle.
Les produits d’application externe contiendront des extraits aux parfums peu appréciés par les parasites. A ce titre, le collier insectifuge peut se révéler utile mais parfois insuffisant car peu protecteur de la partie distale du corps qu’il conviendra de mettre à l’abri de manière spécifique.

2/ Les effets retard de la piraterie

Les puces et autres indésirables peuvent, hélas, nuire même après leur départ.
Par leur salive, par exemple qui peut générer une allergie au niveau de la peau et des démangeaisons irrépressibles.
Certains chiens développent une sensibilité particulière, eu égard à la fragilité de leur peau, plus perméable aux allergènes et plus sujette aux infections subséquentes.
Le traitement consiste à se débarrasser des substances anaphylactiques par force nettoyage et soin du pelage et de la peau.
Et après ça, à s’engager dans une démarche de prévention.

Les effets de la gratte excessive peuvent être destructeurs pour la peau et induire des lésions à l’origine de contaminations d’ordre bactériologiques ou fongiques engendrées par les microorganismes et champignons hébergés sur l’épiderme et qui vont avoir une occasion de proliférer anormalement en profitant des brèches ouvertes.
L’infection et l’inflammation générées vont, à leur tour, produire force démangeaisons. Et là, ça se complique parce que le cercle vicieux a démarré.
Rougeurs, croutes, purulence et leur cortège de mal-être apparaissent, nécessitant le recours à une médication lourde (antibiothérapie le plus souvent).

3/ Les causes indépendantes de la piraterie.

Il est des cas, hélas, où notre chien n’a pas besoin d’hôte indésirable pour être irrité.

Il convient, ici d’effleurer deux grands chapitres de troubles susceptibles de pourrir la vie de notre animal de compagnie.

Les allergies, d’abord. Il est utile d’y revenir, ici, en en évoquant deux types :
– Les allergies d’origine environnementale
– Les allergies d’origine alimentaire
Les premières sont particulièrement problématiques parce, par définition, les aéro-allergènes (pollens, poussières) sont difficiles à identifier et peuvent se trouver partout dans la nature.
Le traitement de désensibilisation est fastidieux et onéreux. Il ne peut se réaliser que dans le cadre d’un suivi vétérinaire strict qui définira les doses adéquates d’antihistaminiques et de corticoïdes à administrer.
Les allergies alimentaires, quant à elles, sont le résultat d’une réaction inattendue de l’organisme à un composant de la ration. Même s’il n’est pas toujours facile d’identifier clairement l’ingrédient en cause, une modification drastique d’aliment ou de mode de nutrition peut régler le problème.
Si tel n’est pas le cas, une démarche plus analytique devra être engagée, consistant à l’éviction progressive des diverses sources alimentaires.
A ce stade, il me semble important de rappeler que le chien est un carnivore qui se nourrit, au naturel de protéines et de graisses d’origine animale.
Peu de chance qu’à l’état sauvage il eut été attiré par des croquettes à l’amidon et à la protéine de soja….

Le dernier champ d’investigations n’est certes pas le plus aisé à aborder. Il traite des problèmes de comportement qui induisent irritations et grattage.
Le stress, l’anxiété peuvent induire des affections cutanées que notre compagnon cherchera à soulager avec sa langue ou le bout de ses pattes, risquant, par là-même de s’auto-infecter.
Il en est de même du chien qui s’ennuie et qui va faire du frottage une pleine activité de substitution.
Dans ce cas, plus que le vétérinaire, c’est l’éducateur canin qui pourra nous assister.
Des produits diététiques, aux vertus apaisantes peuvent apporter une aide appréciable mais c’est le maître qui détient la clé, par l’attitude qu’il adoptera pour rassurer son chien et lui procurer les occasions d’être actif à la mesure de ses aspirations.

En conclusion, à retenir :
L’apparition des puces ou autres parasites sur notre chien est de nature à nous inquiéter ou nous exaspérer. Pourtant, les démangeaisons dont elle est directement responsable sont les moins difficiles à les juguler.
Elle peut par contre induire des effets retards, également sources de démangeaisons dont il est bien plus fastidieux de se débarrasser.
Mais bien d’autres causes qui n’ont rien à voir avec les infestations d’insectes ou d’acariens peuvent provoquer des irritations de la peau. Allergies environnementale ou alimentaire, troubles du comportement sont parfois difficiles à diagnostiquer mais peuvent induire un inconfort sérieux pour notre compagnon.

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